Relevé de l'interview de Franck Signorino du but Nantes du Jeudi 7 Septembre 2006:
But! Nantes : Franck, comment vivez-vous ce début de saison pour le moins décevant sur le terrain et agité en coulisses?
Franck Signorino: Ce qui m'intéresse, c'est le domaine sportif. Pour le reste, certaines personnes sont mieux placées que moi pour en parler. A titre personnel, ma blessure au tendon a considérablement perturbé mon entame de saison. Je ne me suis quasiment pas entraîné avant d'affronter Troyes puis Lorient. Ce qui est sûr, c'est que je ne vis pas bien cette situation.
Etes-vous inquiet?
En dehors de l'aspect comptable, c'est surtout la manière qui a fait défaut sur nos deux dernières prestations. On ne se voile pas la face. Mais il ne faut pas se laisser abattre. Comme je l'ai déjà dit, les mots d'ordre sont travail, rigieur et silence. On n'a pas le droit de se plaindre. Il faut que chacun assume sa responsabilité individuelle. C'est à cette condition que le collectif pourra s'en sortir.
Vous avez disputé les deux derniers matches en étant diminué physiquement. Serge Le Dizet a déclaré qu'il préférait aligner un Franck Signorino même a seulement 50% de ses moyens. Etes-vous considéré comme un élément indispensable?
Je n'en sais rien et ce n'est pas à moi de répondre à cette question. Demandez plutôt à l'entraîneur. Il y a deux aspects. Je travaille dur pour récupérer et être totalement opérationnel. Je suis flatté que le coach m'accorde une telle importance. C'est une fierté. J'ai accepté de jouer pour lui rendre service. A titre individuel, j'étais réticent après la réception de Troyes, où je suis sorti en cours de match. Mais j'ai raisonné en terme collectif. Maintenant, il est vrai que quelque part, ça me gêne vis-à-vis du groupe.
Pourquoi avoir accepté de jouer en n'étant pas encore totalement remis de cette blessure au tendon?
D'abord, que les choses soient claires, c'est moi qui ai pris la décision de jouer. Personne ne m'y a obligé. Serge Le Dizet m'a demandé de jouer. On en a discuté. J'en ai également parlé avec le docteur Fabrice Bryand. On ne m'a rien imposé. C'était une décision difficiel à prendre. Mais si j'avais refusé, j'aurais mal vécu la chose. J'aurais eu un problème de conscience. Je ne veux pas privilégier l'aspect individuel au détriment du collectif. Là, j'ai donné tout ce que j'ai pu. Je savais qu'après le déplacement à Lorient, il y avait quinze jours de répit.
Revenons aux derniers matches contre Troyes et Lorient. Vous reconnaissez que les prestations du FC Nantes ont frôlé l'indigence...
On n'a pas besoin de nous le dire. On sait qu'on est passés à côté de notre sujet. Le visionnage de ces rencontres est sufisamment éloquent ! En amical contre St Etienne et lors du premier match de championnat face à Lyon, on a montré de bonnes choses. Les promesses ne peuvent pas s'être envolées comme ça, du jour au lendemain.
Après 4 journées de championnat, le FC Nantes traverse déjà une zone de turbulences...
Oui. On est passés à côté de notre sujet. C'est peut-être légitime d'être alarmiste. Moi, je ne le suis pas. On peut toujours tirer des points positifs à partir de points négatifs et réciproquement. On est bien conscients qu'on ne doit pas réitérer les mêmes erreurs. L'atmosphère est pesante mais la presse dramatise les choses. En ce moment, je lis quotidiennement des articles sur le FC Nantes. Dans le même temps, je ne vois pas de papier sur le Stade Rennais ou l'AJ Auxerre...Je relativise. On n'a disputé que quatre matches de L1 et, comme l'a dit le prédisent, on a raté notre mois d'août.
Le groupe est-il suffisamment costaud mentalement pour relever la tête?
C'est peut-être dans l'adversité qu'on se retrouvera. On est prêts à relever le défi pour honorer ce maillot. Le prochain match contre Lille sera à ce propos un bon test. Jouer les Lillois, ce n'est pas plus mal. On sait que cette équipe ne lâche rien, qu'elle est très difficile à mannoeuvrer. Le LOSC dispute régulièrement la Ligue des Champions. Samedi à la Beaujoire, Lille se déplacera en favori. Ca ne nous gêne pas. De toute façon, ce ne sont pas nos adversaires qui nous inquiètent. C'est notre jeu ! On est d'abord préoccupés par notre forme actuelle. A nous d'être disciplinés, de faire preuve de rigueur.
Le club semble miné par les conflits internes et on dit votre entraîneur sur la sellette. Qu'est-ce que ça vous inspire?
Il y a un président qui décide, un entraîneur qui entraîne et des joueurs qui jouent. Je ne veux pas parler des aspects extra-sportifs. J'ai simplement espoir de rétablir la situation. Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Il ne faut pas tout remettre en cause sous prétexte qu'on a raté notre début de saison. Attendons avant d'être fatalistes !
En début de saison, vous affirmiez que c'est dans les moments difficiles que l'on peut juger de l'état d'esprit d'un groupe. On y est...
Oui, c'est évident. On sait qu'un groupe vit bien lorsque les résultats sont positifs. Les nôtres ne le sont pas. A partir de là, on va pouvoir jauger la capacité de réaction de notre effectif. Il faut qu'on soit capables de s'entraider. On doit faire preuve de solidarité. Le groupe doit mettre la pression à profit pour se forger un mental. J'ai entendu Zinédine Zidane dire que pour être footballeur professionnel et réaliser une belle carrière, il fallait aussi passer par des moments délicats.
Il est donc trop tôt pour tirer la sonnette d'alarme?
Non. On est bien conscients qu'on n'est pas au rendez-vous. On sait qu'il ne faut pas traîner. On a déjà joué 4 matches et on a engrangé que 2 points. Mettons tout en oeuvre pour battre cette équipe lilloise. Nous sommes dans la peau de l'outsider. Depuis les matches de préparatoin, on a démontré qu'on avait certaines qualités. Encore une fois, elles ne sont pas tombées aux oubliettes du jour au lendemain. Maintenant, nous devrons faire preuve d'une combativité sans faille. Contre Lille, pour empocher les 3 points, on sait que ça passera forcément par une grosse solidarité, une grande détermination. On ne doit rien lâcher. Il suffit de jeter un coup d'oeil au classement pour voir que rien n'est joué. Si on bat le LOSC, on reviendra à quatre longueurs des Lillois. Alors, je ne m'alarme pas, même si j'ai bien conscience qu'on ne doit pas traîner en route.